mercredi 27 février 2013

dans la chambre de Léon, 6 ans

léon, 6 ans, paris 11e



"C'est une copine de maman qui m'a offert ce livre pour mes 6 ans. Je l'aime parce que j'aime les livres où il y a des monstres qui n'existent pas ou qui existent et qui sont là, sous nos yeux, et tu ne les vois pas.
Mon monstre préféré dans le livre est le dragon. J'aime bien les dragons, leurs griffes, leurs ailes. Ils ne me font pas peur sauf si c'est en vrai ! Mais ça n'existe pas. Si, dans le film Dragons. Il y a aussi la page avec Dragonella et ses longues dents. Si tu poses tes clés quelque part et que tu ne les retrouves pas, c'est lui qui te les a chipées!
Ma maman me lit des histoires mais ce livre là, je le regarde tout seul."










































*mon endroit préféré pour lire : le canapé et mon lit avec mon petit doudou
*mon moment préféré pour lire : le soir avant de dormir
*le premier livre que j'ai lu tout seul : Hippopotame, réveille-toid'Altan  
*mon jeu préféré : les clic's
*mon meilleur copain : Iwen
*mon jeu préféré dans la cour : police-voleur
*ce que je préfère manger  : les frites 
*Mon dessin-animé préféré : Le voyage de Chihiro et L'histoire sans fin  
 *mon objet préféré dans ma chambre : la couronne que j'ai fabriquée à l'école 

dimanche 24 février 2013

Les enfants de Babel

       

Il est question d'évasion dans ce roman d'Eliacer Cansino. D'évasion et de transmission. Prendre la mer pour gagner un nouveau continent et échapper à une vie de misère, échapper à l'exclusion et  au regard des autres par le trafic et la débrouille, échapper par les livres à une vie de solitude.
        Nor, Berta, Rachid, Angel et Gil n'en ont pas toujours conscience mais tous sont des êtres errants, sans attaches. Gil, depuis la guerre civile espagnole, n'a vécu qu'une vie de fuite et d'errance, son précieux livre sous le bras. Nor a quitté son pays d'Afrique, tout comme Rachid. Angel, le professeur de philosophie a perdu sa femme et se fait oublier du monde en réparant les mécanismes de vieilles montres, en se plongeant dans la poésie de José Hierro. Berta rêve d'achever ce roman dont elle a écrit les premières pages sur son carnet. Tous ces personnages, pris dans le tourbillon du hasard vivent à Alfarache en banlieue de Séville, dans une tour, qui n'est pas Babel, mais pourrait l'être, tant elle est fébrile, tant y règne le désordre.
      Avant de disparaître, Nor a laissé une lettre à Angel, son professeur de philosophie, lui demandant de l'aider. Il est parti rejoindre son petit frère, qui doit débarquer prochainement avec un groupe de clandestins sur les rives de l'Espagne. Cette disparition met en contact ces personnes qui vivaient tout à côté les unes des autres et pourtant se méconnaissaient. Angel fait la connaissance de Gil, ce vieil homme de plus en plus surprenant et inattendu, qui, sans sortir de chez lui, était présent dans tant de vies.
      Car l'autre sujet du roman est la transmission. Angel transmet à ses élèves l'art de questionner le monde et celui de mieux se connaître ; à Lucia, qui fait entrer du soleil dans son appartement en y faisant le ménage,  le goût de la poésie. Gil a appris à Nor l'espagnol et l'amour des livres. Rachid qui pense ne rien pouvoir recevoir,  risque de finir en prison et de ne pas laisser davantage de traces qu'un nuage de poussière que le vent dissipera bientôt.
     Transmettre, aider ou se détourner, agir par devoir, est-ce que la philosophe doit transformer le monde ou bien seulement le penser ? Telles sont les questions que se posent les personnages.
      L'auteur évite merveilleusement la description facile de bons sentiments et de personnages caricaturaux dans leur bonté ou leur noirceur. Tout est nuancé dans ce roman, tout est juste et fragile. Les personnages prennent de l'épaisseur en faisant face à leurs contradictions. Tout ne s'accomplit pas, des choses restent en suspens. J'ai été porté par cette lecture vivement conseillée aux lycéens (demandez leur de vous le prêter).


C'est enfin un roman sur la littérature et la lecture. Quand Angel se déplace, où qu'il aille, même en enfer, il devait emporter un livre. Pour aller chercher Nor, il embarque Éloge de l'ombre de Tanizaki; cela m'a touché. Alfarache est une banlieue de Séville mais aussi le village de Guzman de Alfarache, un roman picaresque écrit par Mateo Aleman au XVIe siècle, roman qui a accompagné Gil toute sa vie durant et doit faire la fortune de Nor. Quant à Berta, à la fin du roman, elle pense avoir trouvé le titre de celui qu'elle est en train d'écrire. Ce sera Oju, quel froid. Elle en a changé le personnage principal. Elle a imaginé un prof de philo qui se moque des Andalous parce qu'ils sont frileux et vit dans une tour chaotique où lui arrivent des choses qui vont changer sa vie...


(lu par Yann)






Les enfants de Babel, d'Eliaser Cansino, L'École des Loisirs, février 2013, 16 euros

mercredi 20 février 2013

concours!

merci pour les liens facebook, mais n'oubliez pas de m'envoyer un mail avec votre nom et coordonnées pour participer au concours! (diabolofraise7@yahoo.fr)

dimanche 17 février 2013

concours

En partenariat avec L'école des Loisirs, commence aujourd'hui un petit concours…
Pour participer, merci de :

*(si vous avez un blog) faire un lien de votre blog vers le blog des Trois Brigands

et/ou

*cliquez sur "partager" de Facebook (juste en dessous)

Pour valider votre participation, merci de m'envoyer un mail (diabolofraise7@yahoo.fr) avec votre prénom et nom et le nom de votre blog ou page Facebook.
Merci!

Le gagnant tiré au sort le 1er mars, pourra choisir son livre parmi les quatre suivants :





vendredi 15 février 2013

atelier d'écriture : moi, super héros !

Un super stage organisé par Le Labo des histoires, pendant les vacances pour les 9-14 ans !Et c'est gratuit.
Inscriptions ici : http://www.eventbrite.fr/event/5420107688
Attention, il n'y a que dix places.
 

mardi 12 février 2013

dans la chambre de Mia, 10 ans

Mia, 10 ans (CM2), Paris 11e



Mia a longuement hésité avec Malo de Lange, fils de voleur (École des Loisirs, Neuf). Mais, c'est du Royaume de Kensuke, de Michael Morpugo, qu'elle a choisi de nous parler.

" C'est l'histoire d'un garçon de 11 ans qui part faire un tour du monde à la voile avec ses parents. Il tombe à la mer et se retrouve sur une île déserte. Il rencontre un vieil homme qui devient son ami. C'est un vieux samouraï japonais, qui a perdu toute sa famille pendant la guerre, et qui se cache sur une île car il a peur d'une nouvelle guerre.








J'ai bien aimé car Kenzuké protège le garçon et il lui apprend plein de choses car c'est un grand sage. Il lui apprend par exemple la peinture. C'est intéressant de voir comment ils survivent sur cette île déserte où il n'y a que des animaux. Kensuke est l'ami des gorilles et il a aussi une chienne qui s'appelle Stella Artois. Quelques fois c'est émouvant. Cette histoire me fait un peu penser à Robinson Crusoé.
C'est la première fois que je lis un livre de cet auteur. Au départ, j'avais pris le livre-CD à la bibliothèque et ensuite j'ai eu envie de lire le roman"


























Le Royaume de Kensuke, de Michael Morpugo, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, 7,90 euros.

Du tac-O-tac

*mon endroit préféré pour lire: le fauteuil

*mon moment préféré pour lire: le soir en attendant le dîner

*le livre qui m'a le plus ennuyée: Eliott peut mieux faire, de Chantal Cahour

*mon héros ET mon héroïne de BD préféré : Spirou. Jeannette dans Les épatantes aventures de Jules d'Émile Bravo

*mon héros ET mon héroïne de roman préféré : Jean B dans L'omelette au sucre, de Jean-Philippe Arrou-Vignod.  Mathilde dans Enquête au collège, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

*le livre que je suis en train de lire en ce moment : Cherub 2, de Robert Muchamore.

*ce que je préfère manger : les chips

*mon objet préféré dans ma chambre : les lunettes de soleil en forme de guitare


dimanche 10 février 2013

les animaux domestiques




Avez jamais rêvé d'avoir un domestique qui urine à travers le jardin pour marquer son territoire et remue la queue pour vous signifier qu'il est ravi de vous avoir comme maîtres ? Non, ce post ne témoigne pas de mon égarement... je vous emmène simplement à la découverte de l'univers délirant de Jean Lecointre. Nous avions évoqué il y a déjà un moment le superbe À la mode, album de 2010. Celui ci est antérieur, il date de 2007. Je n'ai pas résisté à la tentation de le présenter.



L'auteur a décidé de prendre au pied de la lettre l'expression "d'animal domestique".
Mr et Mme Archibald engagent un chien domestique dont les références sont irréprochables puisque celui ci est le meilleur ami de l'homme depuis 12 000 ans. Bien sûr tout n'est pas parfait dans son service : il a tendance à aboyer de manière intempestive et, voyant tout en gris, il confond les chaussons rouge et bleu. D'impers en bévues, ces défauts ou infirmités aboutissent à ce que la réception organisée par Mr et Mme Archibald soit ratée.




Mais les autres animaux qui se présentent au domicile (très côte ouest des États-Unis période années 60), pour proposer leurs services ou trouver refuge, ont également des défauts. Le chat craint l'eau, se vexe pour un rien, s'en va et ne rentre qu'au petit jour. La mouche nettoie efficacement les taches sur la moquette mais a la mauvaise idée de se baigner dans la soupière. Quant au crapaud venu hiberner dans le jardin, il refuse de se transformer en prince charmant lorsque la princesse invitée à une nouvelle réception l'embrasse : crapaud je suis, et crapaud resterai ! De chapitre en chapitre la maison des Archibald se transforme en ménagerie mais il n'y a rien à faire, les soirées tournent toutes au désastre. À chaque fois les invités s'en vont. Pauvres de nous, soupirent les Archibald, nous n'avons plus d'amis.
ll ne leur reste plus qu'à aller se coucher. Sauf qu'un papillon de nuit s'approche. C'est la seule nuit de sa vie et il entend en profiter, alors pas question d'aller dormir ! Autant organiser une soirée, avec tous les animaux ! Celle ci fut réussie, on vit même le papillon faire la chenille...

 

Jean Lecointre a beaucoup travaillé pour la presse, notamment le journal Libération. Vous pouvez vous rendre sur son site pour découvrir son travail qui ne ressemble à rien, ultra personnel. On retrouve dans ses albums jeunesse les principaux traits de son oeuvre de graphiste illustrateur : le roman photo, le goût pour les collages et les associations surréalistes, l'univers de la banlieue résidentielle américaine des années 50 et l'avènement de la société de consommation. Entre Dali et Ma sorcière bien aimée, quand Jacques Tati s'invite chez les Desperate Housewives, quand des freaks font la Une de Life, les références sont multiples.
Mais ses albums ne sont surtout pas de ces beaux livres tendances que les parents aiment poser sur la bibliothèque du salon sans que jamais les enfants n'y jettent un oeil. Jean Lecointre est un vrai conteur. Son histoire fait rire, sa construction est efficace, ce qui permet à l'enfant d'être emporté par l'histoire jusqu'à la fête finale. L'album est donc à ranger dans la catégorie pas si fournie des vrais livres pour enfants de tous âges (n'hésitez pas à le mettre entre les mains de votre ado acnéique) que les parents lisent sur le canapé (même pas en cachette). Je suis personnellement tombé en arrêt sur le survêtement terriblement vintage du chat.
Les animaux domestiques de Jean Lecointre, éditions Thierry Magnier, 16,30 €.